16/09/2007
Match Point
De Woody Allen avec Jonathan Rhys Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer, Brian Cox, Matthew Goode... - 2005.
Attention, la critique qui suit révèle une grande partie de l'intrigue.

L'histoire : Jeune professeur de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton (Jonathan Rhys Meyers) se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett (Matthew Goode), un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe (Emily Mortimer), la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice (Scarlett Johansson), une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...
Je dois dire que je ne m'attendais pas à autant d'émotion et au choc que ce film m'a donné.
Ce qui est le plus désarmant,je crois, dans ce film, c'est l'apparente banalité de l'histoire principale. Un jeune homme désargenté et sans relations qui entre dans le serail d'une famille très riche, dont il finit par épouser la fille. Mais, sa petite vie rangée l'ennuie très rapidement et il tombe sous le charme ensorcelant de Nora, une jeune américaine, apprentie comédienne, jouée par Scarlett Johansson. Seulement, Woody Allen a pris le pari (réussi haut la main à mon avis) de traiter cette histoire de manière pour le moins originale et très...troublante. Les trente dernières minutes notamment sont assez différentes de l'atmosphère de départ du film, et on ressort bouleversé de ce film noir, intense.
JRM est tout simplement époustouflant. Intense, à la fois séducteur, mais surtout terriblement ambigü. Sans doute un des acteurs les plus impressionnants de sa génération.
La scène où il assassine le personnage de Scarlett Johansson ainsi que sa pauvre voisine est tellement intense, noire. Il est vraiment magistral dans cette scène. La fin laisse aussi un goût très amer et j'admire beaucoup Woody Allen d'avoir décidé que Chris soit "blanchi" par la police. Il devra vivre avec sa culpabilité. Le personnage de Chris est en tout cas terriblement ambigü car, finalement, regrette-t-il vraiment son geste ? Dans les bonus du dvd, JRM explique que son personnage est sadique et c'est, je crois, le meilleur terme pour le qualifier.
Un film vraiment à voir. Qu'on aime pas ou les films de Woody Allen d'ailleurs car, je suis loin d'être une spécialiste de ces films, mais celui-ci me semble assez différent des derniers films de lui que j'ai pu voir.
19:55 Publié dans Big screen | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12/08/2007
Lipstick jungle
Lipstick jungle
NBC - Preair - avec Brooke Shields, Kim Raver et Lindsay Price.

Kézako ?
Cette dramédie adaptée du roman du même nom écrit par Candace Bushnell (Sex & the City) met en scène trois amies new-yorkaises toute puissantes. En effet, Nico est la rédactrice en chef de l'un des plus grands magazines de mode et rêve d'en devenir la directrice générale. Wendy est une productrice de cinéma qui fait tout pour gérer sa carrière et sa famille dans le même temps. Enfin, Victory est une créatrice de mode célibataire qui vit sa vie au jour le jour sans se poser de questions et en espérant trouver au passage l'homme de sa vie. Ces trois femmes charmantes et pleine d'humour affrontent le quotidien, rempli de hauts et de bas, avec force et vivacité dans la ville de New York.
Créée par Eileen Heisler et DeAnn Heline (qui ont notamment travaillé sur How I Met Your Mother), cette dramédie sera lancée à la mi-saison 2007/08 sur la NBC.
Source : SériesLive
Mon avis : Cliché serait sans doute le mot le plus approprié pour définir ce pilot. De la situation des personnages, aux intrigues et aux dialogues, Lipstick Jungle est une série accumulant les clichés.

Susan (Brooke Shields), productrice de cinéma, tente de concilier vie familiale et vie professionnelle. Mais, comme on s'y attendait dès les premières minutes de l'épisode, son mariage s'effrite et son mari demande le divorce. Dans le même temps, Susan, qui cherche toujours à être gentille et agréable, s'aperçoit que ce n'est pas forcément toujours efficace et change quelque peu d'attitude en renvoyant (pour la deuxième fois) plus abruptement un réalisateur récalcitrant. L'idée pourrait être bonne si elle n'avait pas déjà été traité de nombreuses fois à l'écran et si le traitement de l'intrigue n'était pas si classique.

Nico (Kim Raver) incarne la femme d'affaires impitoyable du groupe. Son but ? Devenir CEO de sa maison d'éditions. Mariée elle aussi, mais se sentant ignorée par son mari, elle craque finalement pour un bellâtre qui lui fait les yeux doux lors d'une soirée.

Victory (Lindsay Price), seule célibataire du groupe et créatrice de mode en plein désarroi car son dernier défilé a reçu des critiques très assassines. Quoique, quand on voit les tenues si "fashion", mais affreuses et ridicules, qu'elle porte tout au long de l'épisode, on comprend sans doute mieux pourquoi son sens de la mode ne fait pas fureur. Victory tombe sous la charme d'un homme d'affaires multimillionnaire et arrogant dont l'arrogance justement n'est pas sans rappeler...le fameux Big de Sex and The City. Seulement voilà, n'est pas Chris Noth qui veut et la série étant tellement peu subtile, c'est bien plus une caricature qu'un personnage intéressant et charismatique qui s'offre à nos yeux. La scène finale où il rejoint Victory en avion est tellement cliché que ça en devient presque comique...
Au final, je suis déçue, très déçue. Lipstick Jungle n'est qu'un sous-sous-sous Sex and The City qui ne bénéficie ni des qualités d'écriture, ni de la subtilité, ni de l'alchimie du cast de sa grande soeur. Espérons que le changement de showrunner aura des effets bénéfiques sur la série et sur son écriture.
A lire : la critique d'Heather
11:20 Publié dans Live from USA | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08/08/2007
Je vais bien, ne t'en fais pas

Lili, 18 ans, rentre d'un séjour linguistique à Barcelone. Belle, joyeuse, pleine de vie, Lili est heureuse. Certes, elle se sent un peu à l'étroit dans cette ville de région parisienne, avec la banalité de sa vie et de celle de ses parents. Mais, pour Lili, il y a Loïc, son frère jumeau.
Philippe Lioret aime nous raconter l'histoire de gens ordinaires. L'émotion que l'on ressent tout au long du film n'en est que plus grande. Rarement un film m'aura autant émue. On ne ressort pas indemne de ce film.
Si le film est aussi réussi, c'est en grande partie grâce à ses acteurs. Kad Merad est méconnaissable et impressionnant dans le rôle du père de Lili, blessé, meurtri et si silencieux.

Autre atout du film, Julien Boisselier - dont je suis (un peu) amoureuse - qui interprète Thomas, tombé amoureux de Lili et qui l'accompagnera dans sa douloureuse quête. On ne peut résister au charme, à la tendresse de Julien / Thomas et au talent et au charisme de son interprète.

Et puis, il y a Mélanie Laurent qui porte le film. Belle, émouvante, lumineuse touchante. Sa prestation impressionne, émeut et le film ne serait pas ce qu'il est sans son interprète principale. Une actrice à suivre.
Je vais bien, ne t'en fais pas est un film à part, qui bouleverse et émeut profondément. On ne peut sortir indemne de cete histoire si douloureusement ordinaire. Un film à voir absolument.
Et bien sûr, il y a cette chanson qui accompagne tout le film...
11:20 Publié dans Big screen | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07/08/2007
Notorious

En 1946, le génialissime réalisateur Alfred Hitchcock réunit à l'écran Cary Grant et Ingrid Bergman. Notorious - Les enchaînés en France - naît de cette collaboration. Et le terme de chef d'oeuvre du cinéma n'est pas de trop pour parler de ce film.
Alicia Huberman (Ingrid Bergman) est la fille d'un espion allemand condamné à vingt ans de prison au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Elle n'a jamais été nazie et mène une vie dissolue. Elle accepte de travailler avec T.R. Devlin (Cary Grant), agent secret américain. Ils se rendent à Rio de Janeiro, où des Allemands ont des activités suspectes. Une idylle se noue entre Devlin et Alicia. La mission de la jeune femme consiste à infiltrer la bande d'anciens nazis, dirigée par Alexander Sebastian (Claude Rains). Ce dernier s'éprend d'Alicia et la demande en mariage. Elle accepte, en espérant que Devlin l'en empêchera... je m'arrête là, si vous souhaitez découvrir le film par vous-même.
Notorious n'est pas un film d'Hitchcock comme un autre. Dans celui-ci, point de meurtre, de cadavre ou d'enquête policière à proprement parler. Pourtant, l'ambiance est sans cesse marquée par le suspense. Comme dans cette scène où Alicia tente de dérober une clé ou lorsque Devlin inspecte la cave de Sebastian durant une réception. Surtout, Notorious est un film qui possède une atmosphère, une aura particulière, un charme, en partie parce que c'est un film en noir et blanc. Je suis tombée amoureuse de ce film, de son ambiance, de son côté surrané, de la solidité de Devlin et de la fragilité d'Alicia. Le charisme, l'alchimie entre Cary Grant et Ingrid Bergman traversent l'écran et leur scène sont empreintes de romanesque.

J'aime Notorious pour son aspect surrané, romanesque. Pour ses deux acteurs, son histoire pleine de suspense et d'amour. J'aime Notorious parce que ce film est empreint de grâce. Quand je vous disais que ce film était un chef d'oeuvre...
PS : Une analyse passionnante du film
23:05 Publié dans Big screen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Marie-Antoinette, la véritable histoire

Il y a un an, la France était touchée par une drôle d'épidémie, la "Toinettomania". Le visage de Marie-Antoinette apparaissait sur les couvertures de magazine, la Reine de France était présente à l'affiche du film de Sofia Coppola présentée en grandes pompes au Festival de Cannes. Sauf que. Victime d'une "mode", admirée, réhabilitée aussi parfois, Marie-Antoinette devient objet de fantasmes, d'une sorte de culte. Aimer Marie-Antoinette devient "in". On se pâme devant son sens de la mode, sa féminité. Les très nombreux écrits qui fleurissent sur les tables des libraires n'ont bien souvent aucune crédibilité historique, développant sans sources ni travail de recherche des thèses parfois très contestées par les historiens et révélant une méconnaissance parfois sidérale de la période révolutionnaire.
Ce soir, France 2 se proposait donc de nous conter, par le biais d'un "docu-fiction", la "véritable histoire" de la Reine. Pari ambitieux pour lequel la chaîne a demandé les conseils d'une historienne spécialiste de Marie-Antoinette, Chantal Thomas.
Alors, France 2 a-t-il réussi son pari ? Oui et non à mon sens. Le gros défaut de cette émission est sans conteste sa longueur, ou plutôt sa très courte durée. Traiter de la vie très riche de Marie-Antoinette (et de Louis XVI) entre 1770 et 1793 en moins d'1h30 tenait d'une gageure et entraîne d'inévitables raccourcis. Malheureusement, c'est la période de la Révolution qui en fait les frais. Peut-être par manque de moyens, tout ce que l'on verra de la Révolution, c'est un peuple hurlant, souvent perçu comme ivre, haineux, une prison, un tribunal et, bien sûr, la guillotine. Certes, le commentaire nous explique, tout au long du déroulement de l'histoire, la misère dans laquelle vivaient les Français, les difficultés du pays. Mais, j'aurais largement préféré, quitte à allonger la durée à 2h, que l'on s'attarde davantage sur les événements et les circonstances qui ont entraîné à la mort des époux royaux. Peut-être ce sacrifice a-t-il été fait au profit de considérations matérielles (moyens financiers, audience...), on ne peut que le regretter à mon sens.
Quant à l'image de Marie-Antoinette, elle rétablit quelques vérités mises à mal par la rumeur et fausses idées encore répandues : son amour pour ses enfants, sa douceur, cette fameuse phrase de la brioche qu'elle n'a jamais prononcé. Néanmoins, l'ensemble me paraît trop consensuel à l'égard d'une Reine que, je l'admets, j'ai toujours un peu de mal à plaindre. Ses relations avec Louis XVI sont plutôt bien traitées. De même, j'ai particulièrement apprécié la retenue et la prudence des auteurs sur les relations amoureuses de la Reine. Ainsi, le document ne nous dit pas si Fersen et Marie-Antoinette ont entretenu ou non une liaison, pour la simple et bonne raison qu'on ne le sait pas !
Globalement, France 2 a le mérite de proposer un document historique de bonne qualité à une heure de grande écoute. Il aurait fallu que la période révolutionnaire soit mieux traité pour que je sois complétement convaincue par cette Marie-Antoinette. L'essai était louable, et je le salue bien volontiers.
22:50 Publié dans Various | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note















