20/07/2007
Jane Eyre (2006)
Tout commence par une petite fille de dix ans, décidée, pleine de caractère et enfermée par sa tante dans une chambre rouge à l'atmosphère inquiétante. Quelques minutes plus tard, cette même enfant se retrouve dans une crypte sombre, humide et remplie de lits dans lesquels dorment toutes ces petites filles sans famille ni argent. La réalisation nous fait sentir l'humidité, la dureté des conditions de vie, la cruauté et la bêtise du directeur de cette "école". Telles sont les premières minutes de l'adaptation de la BBC du roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre.

Certes, la première partie (sur les quatres) ne consacre que quize minutes à l'enfance terrible de Jane. Pourtant, ces quelques minutes suffisent à comprendre ce qu'elle a vécu et les conséquences de cette enfance sur le caractère de Jane, adulte. Une Jane âgée de dix-neuf ans qui prend son envol en étant engagée comme gouvernante d'une petite Adèle au manoir imposant de Thornfield Hall. Là est un des points forts de cette adaptation : les décors, et plus généralement, l'ambiance. Le manoir de Thornfield est magnifique, impressionnant de beauté, de majesté mais aussi terriblement inquiétant. Les paysages de lande sont à couper le souffle, tout comme le brouillard qui accompagne la première rencontre - si romanesque - de Jane et de son maître, Monsieur Rochester.

Justement, Rochester...il est incarné magistralement par Toby Stephens. Je défie quiconque de résister à son regard mystérieux, inquiétant et si séduisant. A ses sourires en coin et mystérieux. A ces gestes protecteurs, tendres et de plus en plus amoureux à destination de Jane. On ne peut qu'éprouver de la tristesse pour cet homme qui garde un secret aussi lourd.

Quant à Jane (Ruth Wilson), créée par Charlotte Brontë comme une jeune femme peu attirante, elle éclaire l'écran par sa générosité, ses sourires. Mieux, elle devient belle par les regards de Rochester. Sa retenue, son amour sans limite, sa générosité envers les enfants, tout cela la rend terriblement attachante. Ruth Wilson, et la réalisation, nous font vivre intensément les angoisses de Jane aux bruits et faits mystérieux qui semblent se dérouler la nuit dans le manoir sombre, aux recoins inexplorés et venteux.
J'ai aussi particulièrement apprécié le traitement de la relation entre Jane et Rochester qui laisse une grande place à la passion. Certains critiqueront certaines scènes, sans doute trop éloignées de l'esprit du livre, mais j'avoue aimer cette modernité qui laisse voir la passion, le désir physique entre les deux amoureux.
Jane Eyre, c'est une histoire d'amour éminement romanesque entre deux solitaires, deux âmes abimées par les difficultés de la vie. J'ai aimé le roman, je suis tombée amoureuse de l'adaptation. Et aussi de Rochester...
En bonus, un trailer fait par une fan...
18:05 Publié dans Costume dramas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
















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