20/07/2007

The other Boleyn girl

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 Par Philippa Gregory - Uniquement disponible en anglais.

J'ai achevé ma lecture avec un sentiment plutôt mitigé. Tout d'abord, je précise que j'ai globalement beaucoup de mal à apprécier les romans historiques, notamment quand ils s'éloignent (trop) de la vérité historique (si tant est que celle-ci existe, mais c'est un autre débat !).

Le récit nous permet de suivre (à la première personne) la vie de Mary Boleyn pendant 14 ans, le livre se commençant et se terminant par une exécution dont bien sûr celle de George et d'Anne Boleyn en 1536. Au tout début du roman, Mary est présentée comme une jeune fille inexpérimentée de 13 ou 14 ans. Déjà mariée, elle attire cependant rapidement l'oeil d'Henry VIII. Poussée par sa famille et bénéficiant des conseils de sa soeur Anne, elle séduit le roi, allant jusqu'à mettre au monde deux enfants "royaux", une fille mais surtout un garçon (crucial quand on sait le rôle que l'absence d'un héritier mâle a eu comme conséquence pendant tout le règne).  Mais, lors de sa deuxième grossesse, Henry commence déjà à être séduit par le charme (et les manigances et autres techniques de séduction) de la deuxième fille Boleyn, Anne.  Henry, fou amoureux d'Anne, se décide à demander le divorce ou l'annulation (je ne sais jamais) de son mariage avec la reine Catherine d'Aragon. Divorce qui entraîné la séparation de l'Eglise anglaise avec la Papauté. Mais, ce n'est pas le plus important du roman. Cette partie se focalise sur la mise à l'écart de Mary, qui se retrouve dès lors mise dans l'ombre par Anne. Mary devient ainsi et pour la  postérité "the other Boleyn girl". Mary est sacrifiée au profit de sa soeur, sa famille notamment voyant de nouveau l'occasion de grimper les échelons à la cour par l'accession d'Anne à la Couronne.

Anne justement est dépeinte de façon particulièrement négative dans tout le roman. Calculatrice, égoïste, n'ayant aucune reconnaissance ni geste tendre envers sa soeur qu'elle oblige à devenir une de ses dames de compagnie et à quitter la reine Catherine qu'elle appréciait beaucoup. Anne va même jusqu'à prendre sous son giron le fils que Mary a eu avec Henry en l'adoptant. Mais, là où le roman va le plus loin dans son portrait d'Anne, c'est qu'au final, l'auteur semble accréditer et prendre pour véridique les accusations formulées lors de son procès : adultère (notamment avec son frère), sorcellerie (tentative d'empoisonnement contre la reine etc).

C'est l'aspect qui m'a le plus dérangé dans le roman, cette opposition quasi caricaturale des deux soeurs : Anne la maléfique contre Mary la jeune fille prude et manipulée qui devient ensuite avide de reprendre sa liberté et de décider de sa vie (ce qu'elle fait en se mariant - par amour - avec un homme d'un rang inférieur). J'admets tout à fait qu'un auteur ait le droit de modifier les faits pour la commodité de son récit, et tout simplement parce que je reconnais la création qui est inhérente à chaque roman. Mais, le problème de ce roman, c'est qu'il se base en partie sur des erreurs grossières (ne serait-ce que sur Mary au tout début du roman qui avait bien plus que les 13 ans attribuées par P. Gregory et qui n'était pas la petite adolescente inexpérimentée car on la "soupçonne" d'avoir été la maîtresse de François Ier et d'avoir mené une vie disons dissolue lors de son passage à la cour française) tout comme le fait que Mary était très certainement l'aînée des soeurs Boleyn. De la même manière, concernant George, l'hypothèse de son homosexualité est très largement remise en cause par les historiens. D'autant plus que ces erreurs /aménagements sont desservis par un style globalement assez faible, poussif même parfois. Le roman reste trop souvent uniquement descriptif et s'apparente parfois même à un journal intime. Dommage car l'idée de départ était particulièrement originale et intéressante.

A noter qu'une adaptation cinématographique devrait bientôt arriver sur nos écrans avec Natalie Portman (Anne Boleyn), Scarlett Johansson (Mary Boleyn) et Eric Bana (Henry).
 
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Commentaires

Très beau et bien écrit blog :) je suis contente de retrouver une autre lectrice de The Other Boleyn Girl . S'éloigner de la vérité historique est le sport favori de P. Gregory. C'était encore très poussé dans the Queen's fool (régne de Mary Tudor et ascension d'Elizabeth), dommage que la suite de ses livres sur les Tudors deviennent carrément soporifiques (the Constant Princess & the Virgin Queen).

Jane Eyre me rend curieuse depuis un moment mais au vu de ce que tu as écrit, je vais définitevement sauter le pas. Tu l'as peut-être déjà vue mais une autre très bonne adaptation littéraire c'est Bleak House par le metteur en scène de Pride and Prejudice avec Colin Firth et E. Ehle, que je préfère de lojn à la version avec Knightley même si celle-ci a plus d'audace dans la mise en scène.

Ecrit par : Andrea | 12/08/2007

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