21/07/2007
Hors de prix
J'attendais Hors de prix avec une certaine impatience. Je n'ai pas été déçue, loin de là. J'ai tout aimé, ou presque de ce film. De prime abord, ce film pétille comme des bulles de champagne, les décors sont somptueux, Audrey et Gad sont magnifiques. Mais derrière ce vernis se cache en fait une histoire très cynique, une critique acerbe du monde des grands hôtels de luxe, de ceux qui pensent que la richesse peut tout acheter, même l'amour. Le film aborde sans tabou, sans complaisance mais pas sans humour le monde de ces jeunes femmes à la recherche du parfait pigeon à plumer. Irène est de celle-là.

Audrey Tautou a dans ce film un rôle à mille lieux de ce qu'elle a interprété auparavant. La différence est tout d'abord physique. Plus maquillée, plus sexy, elle rayonne et est tout simplement sublime, portant à merveille des robes plus décolletées les unes que les autres. Son personnage est superficiel, cynique, intéressé mais pourtant on finit par s'attacher à Irène, à percevoir la vulnérabilité et les failles masquées derrière les beaux bijoux et les jolies robes. Son personnage n'est guère politiquement correct mais Audrey fait véritablement preuve d'un talent comique. Bref, elle démontre une fois de plus toute l'étendue de son talent.
A ses côtés, Gad Elmaleh ne fait pas pâle figure, au contraire. Son talent comique passe notamment par le regard, d'abord intimidé puis davantage séducteur. Jean, d'abord fasciné et en retrait, est de plus en plus assuré au fur et à mesure qu'il adopte le '"style de vie" et les combines d'Irène. En effet, rapidement ruiné par le train de vie et les cadeaux que lui impose Irène, Jean se retrouve, un peu malgré lui, à jouer les accompagnateurs de luxe d'une riche veuve, cynique à souhait et magistralement interprétée par Marie-Christine Adam.
Mais, le vrai point fort du film, c'est indéniablement le couple Audrey / Gad, particulièrement charmismatique et bien assorti. Leur couple est très crédible, et on ne peut qu'apprécier les regards amoureux de Jean, la lutte d'Irène pour résister au jeune homme. Leurs chassés-croisés, leurs rencontres au détour d'une chambre d'hôtel ou d'un restaurant sont parmi les plus jolis moments du film.

Le film excelle aussi par l'accumulation de petits détails. Telles les ombrelles de cocktail dans les cheveux d'Irène, les tics de Jean qui a bien du mal à se retenir de ne pas servir les cocktails ou de se lever promptement quand il entend un client de l'hôtel appeler un serveur par "s'il vous plaît". Ou encore cette pièce d'un euro, qui permet à Jean de passer dix dernières secondes avec Irène au début du film et qui est comme un fil rouge jusqu'à la fin.

Bref, un petit bijou, un film pétillant, cynique, intelligent. Et qui doit beaucoup au jeu et au charme de ses deux acteurs principaux. Et surtout, un film inclassable car s'il présente tous les codes de la comédie romantique, son message et son cynisme en font bien plus que cela.
12:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/07/2007
Robin Hood - BBC 2006
Série en 13 épisodes - BBC - 2006 - avec Jonas Armstrong, Richard Armitage, Lucy Griffiths, Keith Allen, Sam Troughton...

1198. Robin of Locksley revient des Croisades, accompagné de Much, son fidèle valet. Les deux hommes sont fatigués, éprouvés aussi bien physiquement que moralement par l'épreuve de la guerre. Robin n'aspire qu'à retrouver ses terres et sa place de noble local. Seulement, trois ans après son départ, les choses ont bien changé à Locksley. Le domaine de Robin est géré par le très énigmatique Guy of Gisborne (interprété par le charismatique, magnétique et très séduisant Richard Armitage), bras-droit du nouveau shériff, le très cruel et vénal Nottingham. Robin, pensant retrouver la paix et la tranquillité dans son domaine, doit en fait faire face à la cruauté du sherrif. Celui-ci n'hésite en effet pas à taxer durement les paysans et mène une répression féroce, prenant comme justification la guerre menée en Orient par le roi Richard. Ainsi, Robin, lors du premier épisode, doit faire un choix. Va t-il tolérer l'exécution de quatre de ses paysans, par ailleurs amis ? La réponse est évidente quand on connaît le mythe de Robin Hood. Robin sauve les hommes de la pendaison, entrant par là-même dans la clandestinité.
Mini-série en 13 épisodes de la BBC, Robin Hood nous propose une version enlevée et dynamique et quelque peu dépoussièrée du "mythe" de Robin des Bois. En général bâtis sur le même schéma, les épisodes nous proposent en effet à chaque rendez-vous une nouvelle confrontation entre Robin et Nottingham et son bras-droit Gisborne. Prenant d'emblée le parti-pris de la modernité (notamment dans les costumes - ceux de Marian, de Guy (la fameuse combinaison de cuir noir) et même parfois de Robin), la série se révèle très divertissante et emplie d'humour. Bien sûr, les ficelles utilisées sont parfois grossières, notamment dans les prouesses de Robin à l'arc ou dans l'exécution des plans des outlaws.

Néanmoins, certains épisodes se démarquent quelque peu de l'aspect purement divertissant, et la série gagne alors en complexité et en profondeur. Citons par exemple le 1x07 où le dénouement et la construction de l'intrigue se révèlent particulièrement intéressants. De même, l'épisode se révèle majeur dans la construction du triangle amoureux Robin / Marian / Guy. De fait, la série, au fur et à mesure de son déroulement, se noircit et les personnages tous comme les intrigues y gagnent en profondeur et en complexité.
Il en va de même pour les personnages. Ainsi, Robin (Jonas Armstrong) nous est représenté en héros faillible, avec ses défauts et une certaine forme d'orgueil. Il aime aider les autres en partie parce qu'il aime être aimé. Profondément marqué par l'expérience de la guerre, il se révèle aussi incapable de tuer et de faire preuve de violence gratuite. Ces failles se révèlent tout particulièrement dans le 1x08 où son sens de la justice et de la dévotion envers le roi Richard l'amènent tout près à tuer Guy. Séducteur, Robin se rend également compte que les trois années passées loin de Locksley l'ont éloigné de son amour de jeunesse, Marian.
Marian justement. Au début, j'ai eu du mal à m'attacher à son personnage qui me semblait quelque peu accessoire et secondaire. Cependant, au fur et à mesure, elle prend de l'ampleur et permet d'aborder la question de la condition de la femme dans cette société masculine et patriarcale. Elle décide d'aller contre son destin de femme soumise, refuse l'injustice et tente d'agir à sa façon, et ce malgré la désapprobation de son père. De même, son choix douloureux dans le cadre du triangle Marian / Guy / Robin donne lieu à une des meilleures scènes de la série et les implications de cette histoire s'avèrent passionnantes.

Guy, c'est sans doute le personnage le plus intéressant en définitive. Autant le dire tout de suite, si je suis venu à cette série, c'est pour Richard Armitage que j'avais très envie de découvrir dans un rôle à mille lieux de son interprétation de John Thornton dans North and South. Guy of Gisborne est sans doute le personnage le plus complexe de la série. Noble sans terre ni domaine, il acquiert celui de Robin du fait de l'absence puis du passage de celui-ci dans l'illégalité. Bras-droit du shérif, sa position apparaît en fait assez précaire et difficile. Méchant, parfois cruel, mais aussi touchant et blessé, on le sent souvent sincèrement épris de Marian.
Quant à Nottingham, le trait pourrait sans doute être considéré comme trop grossi, voire caricatural. Mais, force est de constater que sa cruauté mégalomaniaque, ses répliques acerbes participent grandement à l'intérêt de la série.
Enfin, notons l'intérêt des personnages plus "secondaires", les outlaws qui constituent la bande de Robin, parmi lesquels Much et Djaq, femme déguisée en homme et esclave musulmane délivrée par Robin lors d'un épisode.
En définitive, cette mini-série de la BBC tient toutes ses promesses en nous proposant un divertissement enlevé, spectaculaire et sans prétention. Se complexifiant au fur et à mesure, les personnages et les intrigues gagnent par ailleurs en intérêt. A noter qu'une seconde saison de 13 épisodes est actuellement en cours de tournage.
19:00 Publié dans Various | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Jane Eyre (2006)
Tout commence par une petite fille de dix ans, décidée, pleine de caractère et enfermée par sa tante dans une chambre rouge à l'atmosphère inquiétante. Quelques minutes plus tard, cette même enfant se retrouve dans une crypte sombre, humide et remplie de lits dans lesquels dorment toutes ces petites filles sans famille ni argent. La réalisation nous fait sentir l'humidité, la dureté des conditions de vie, la cruauté et la bêtise du directeur de cette "école". Telles sont les premières minutes de l'adaptation de la BBC du roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre.

Certes, la première partie (sur les quatres) ne consacre que quize minutes à l'enfance terrible de Jane. Pourtant, ces quelques minutes suffisent à comprendre ce qu'elle a vécu et les conséquences de cette enfance sur le caractère de Jane, adulte. Une Jane âgée de dix-neuf ans qui prend son envol en étant engagée comme gouvernante d'une petite Adèle au manoir imposant de Thornfield Hall. Là est un des points forts de cette adaptation : les décors, et plus généralement, l'ambiance. Le manoir de Thornfield est magnifique, impressionnant de beauté, de majesté mais aussi terriblement inquiétant. Les paysages de lande sont à couper le souffle, tout comme le brouillard qui accompagne la première rencontre - si romanesque - de Jane et de son maître, Monsieur Rochester.

Justement, Rochester...il est incarné magistralement par Toby Stephens. Je défie quiconque de résister à son regard mystérieux, inquiétant et si séduisant. A ses sourires en coin et mystérieux. A ces gestes protecteurs, tendres et de plus en plus amoureux à destination de Jane. On ne peut qu'éprouver de la tristesse pour cet homme qui garde un secret aussi lourd.

Quant à Jane (Ruth Wilson), créée par Charlotte Brontë comme une jeune femme peu attirante, elle éclaire l'écran par sa générosité, ses sourires. Mieux, elle devient belle par les regards de Rochester. Sa retenue, son amour sans limite, sa générosité envers les enfants, tout cela la rend terriblement attachante. Ruth Wilson, et la réalisation, nous font vivre intensément les angoisses de Jane aux bruits et faits mystérieux qui semblent se dérouler la nuit dans le manoir sombre, aux recoins inexplorés et venteux.
J'ai aussi particulièrement apprécié le traitement de la relation entre Jane et Rochester qui laisse une grande place à la passion. Certains critiqueront certaines scènes, sans doute trop éloignées de l'esprit du livre, mais j'avoue aimer cette modernité qui laisse voir la passion, le désir physique entre les deux amoureux.
Jane Eyre, c'est une histoire d'amour éminement romanesque entre deux solitaires, deux âmes abimées par les difficultés de la vie. J'ai aimé le roman, je suis tombée amoureuse de l'adaptation. Et aussi de Rochester...
En bonus, un trailer fait par une fan...
18:05 Publié dans Costume dramas | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
The other Boleyn girl

Par Philippa Gregory - Uniquement disponible en anglais.
J'ai achevé ma lecture avec un sentiment plutôt mitigé. Tout d'abord, je précise que j'ai globalement beaucoup de mal à apprécier les romans historiques, notamment quand ils s'éloignent (trop) de la vérité historique (si tant est que celle-ci existe, mais c'est un autre débat !).
Le récit nous permet de suivre (à la première personne) la vie de Mary Boleyn pendant 14 ans, le livre se commençant et se terminant par une exécution dont bien sûr celle de George et d'Anne Boleyn en 1536. Au tout début du roman, Mary est présentée comme une jeune fille inexpérimentée de 13 ou 14 ans. Déjà mariée, elle attire cependant rapidement l'oeil d'Henry VIII. Poussée par sa famille et bénéficiant des conseils de sa soeur Anne, elle séduit le roi, allant jusqu'à mettre au monde deux enfants "royaux", une fille mais surtout un garçon (crucial quand on sait le rôle que l'absence d'un héritier mâle a eu comme conséquence pendant tout le règne). Mais, lors de sa deuxième grossesse, Henry commence déjà à être séduit par le charme (et les manigances et autres techniques de séduction) de la deuxième fille Boleyn, Anne. Henry, fou amoureux d'Anne, se décide à demander le divorce ou l'annulation (je ne sais jamais) de son mariage avec la reine Catherine d'Aragon. Divorce qui entraîné la séparation de l'Eglise anglaise avec la Papauté. Mais, ce n'est pas le plus important du roman. Cette partie se focalise sur la mise à l'écart de Mary, qui se retrouve dès lors mise dans l'ombre par Anne. Mary devient ainsi et pour la postérité "the other Boleyn girl". Mary est sacrifiée au profit de sa soeur, sa famille notamment voyant de nouveau l'occasion de grimper les échelons à la cour par l'accession d'Anne à la Couronne.
Anne justement est dépeinte de façon particulièrement négative dans tout le roman. Calculatrice, égoïste, n'ayant aucune reconnaissance ni geste tendre envers sa soeur qu'elle oblige à devenir une de ses dames de compagnie et à quitter la reine Catherine qu'elle appréciait beaucoup. Anne va même jusqu'à prendre sous son giron le fils que Mary a eu avec Henry en l'adoptant. Mais, là où le roman va le plus loin dans son portrait d'Anne, c'est qu'au final, l'auteur semble accréditer et prendre pour véridique les accusations formulées lors de son procès : adultère (notamment avec son frère), sorcellerie (tentative d'empoisonnement contre la reine etc).
C'est l'aspect qui m'a le plus dérangé dans le roman, cette opposition quasi caricaturale des deux soeurs : Anne la maléfique contre Mary la jeune fille prude et manipulée qui devient ensuite avide de reprendre sa liberté et de décider de sa vie (ce qu'elle fait en se mariant - par amour - avec un homme d'un rang inférieur). J'admets tout à fait qu'un auteur ait le droit de modifier les faits pour la commodité de son récit, et tout simplement parce que je reconnais la création qui est inhérente à chaque roman. Mais, le problème de ce roman, c'est qu'il se base en partie sur des erreurs grossières (ne serait-ce que sur Mary au tout début du roman qui avait bien plus que les 13 ans attribuées par P. Gregory et qui n'était pas la petite adolescente inexpérimentée car on la "soupçonne" d'avoir été la maîtresse de François Ier et d'avoir mené une vie disons dissolue lors de son passage à la cour française) tout comme le fait que Mary était très certainement l'aînée des soeurs Boleyn. De la même manière, concernant George, l'hypothèse de son homosexualité est très largement remise en cause par les historiens. D'autant plus que ces erreurs /aménagements sont desservis par un style globalement assez faible, poussif même parfois. Le roman reste trop souvent uniquement descriptif et s'apparente parfois même à un journal intime. Dommage car l'idée de départ était particulièrement originale et intéressante.

17:15 Publié dans Books | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note















